L'éditeur scolaire est au service des enseignants
et de leur classe. Sa motivation essentielle : concrétiser
une démarche pédagogique en un manuel efficace,
qui rend service à tous.
L'éditeur peut se trouver dans deux cas de figures :
Dans le premier cas, la constitution d'une équipe
avec formateurs en IUFM, inspecteurs, enseignants... peut prendre du
temps selon le projet, et les réseaux mis en oeuvre.
Dans le second, le projet est plus à l'état
d"idée d'auteurs" que d'un manuscrit ! Ce sera à
l'éditeur de constituer l'équipe qui transformera
cette idée en manuel.
Un projet éditorial donne naissance à un cahier des charges, sorte d'aide-mémoire incluant le calendrier pré-établi. Il est réalisé par l'éditeur.
Une fois le concept défini et l'équipe
constituée, vient le travail sur le plan de l'ouvrage, les
chapitres et unités-types, formalisés par la
maquette. Cette phase de concrétisation donne un
éclairage nouveau sur les idées des auteurs :
c'est souvent là que peut se révéler
la faiblesse d'un projet. Outre le rôle
d’intermédiaire entre les auteurs et le
maquettiste, l’éditeur doit souvent pousser son
équipe à aller au bout de son idée en
se mettant « à la place de
l’élève ». Les
énoncés d’exercices sont-ils
compréhensibles ? La progression
pédagogique est-elle réaliste ?
L’élève est-il suffisamment
accompagné ? Mais l'éditeur est vite
trop impliqué pour garder le recul nécessaire, le
projet est alors testé auprès
d'enseignants.
Comme plusieurs auteurs rédigent un manuel, c'est
d’abord le directeur de l'ouvrage qui veille à
l'unité du manuel, à la
variété des activités
proposées, la clarté des
énoncés. L'éditeur l’aide
dans cette tâche en faisant circuler les informations, les
choix de textes, d’activités, tout en
accompagnant les auteurs, en les motivant. C’est sa
capacité à coacher les auteurs qui permettra que
les uns et les autres donnent le meilleur d'eux-mêmes dans un
temps relativement court. Ténacité, exigence,
diplomatie sont pour cela de précieuses qualités.
A la fin de ces échanges, le directeur de l’ouvrage et l’éditeur valident la cohérence d’ensemble du projet. Leur haut niveau de connivence est souvent le garant de la qualité pédagogique du manuel.
Mais éditer, c’est prendre un risque : l'éditeur ne sait pas toujours pourquoi un manuel qui marche bien une année ne sera pas adopté l'année suivante. Il sait simplement que les enseignants reçoivent les spécimens de chaque maison en même temps et ont peu de temps pour comprendre quel service un manuel va leur rendre ! Il faut donc à la fois rendre ce dernier attractif au regard et efficace dans la durée.
Parce que les programmes d’enseignement traitent de questions parfois sensibles et parce que toute éducation touche des sujets qui interpellent d’une manière ou d’une autre son public, l’éditeur scolaire veille constamment à la qualité des textes, des documents, des énoncés qu’il propose dans un manuel. Comment aborder la Shoah, l'esclavage, la place de la femme dans la société? Ce sont par exemple autant de questions que l’éditeur scolaire se pose régulièrement, avec difficulté : tel ou tel texte sera perçu différemment selon la sensibilité de l’enseignant qui le traitera en classe, selon le profil des élèves. Le manuel est une trace écrite, visuelle, dont l’éditeur est responsable.
Aujourd’hui, il existe des formations spécialisées, mais l'éditeur scolaire peut être un ancien enseignant qui, du travail de relecture, ou d’écriture, est passé à celui d'édition, ou tout simplement quelqu'un qui a le goût de la transmission des connaissances aux enfants et qui cherche à leur donner envie d'apprendre. Notons cependant qu'un éditeur en charge des manuels scientifiques a fait des études scientifiques.
Elle est composée d’enseignants de terrain, de chercheurs, de formateurs.
On croit souvent que les auteurs sont surtout des inspecteurs de l’éducation nationale. En réalité ils en représentent moins de 8%.
Il y a quelques années, les éditeurs recevaient quotidiennement des projets d’ouvrages et puisaient dans un vivier d’auteurs volontaires. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et la recherche d’auteurs s’est complexifiée. De fait, l’enjeu est lourd pour l’auteur : le projet est partagé avec d’autres, confronté au regard d’autres enseignants de terrain, validé par l’éditeur. A ces contraintes s’ajoutent celles de l’échéancier. D’autant que la rédaction se fait … le soir, les week-ends et pendant les vacances!
Il vérifie les informations, traque les expressions erronées et les fautes d’orthographe.
Il relit tous les documents proposés par les
auteurs. Il enregistre les modifications qu’il a
demandées. Il coupe ou il rallonge en cas de besoin du
maquettiste.
Il négocie le paiement des droits qui permet de
publier des extraits d'oeuvres.
En France, seule la reproduction de "courtes citations" est
autorisée à titre gratuit.
Quand les auteurs réutilisent des textes (de
littérature, de sciences, etc... issus d'ouvrages ou de
journaux) l'éditeur doit demander l'autorisation de
reproduction à l'éditeur d'origine. S'il a
l'autorisation, il s'acquitte d'un droit de reproduction dont une
partie est ensuite reversée aux auteurs des oeuvres
reproduites. Le principe est le même pour le reproduction des
images ; simplement ce sont les agences photos qui recouvrent les
droits.