En liaison avec l'éditeur, il définit la charte graphique du manuel, c’est-à-dire tout ce qui est « visuel » et rend particulièrement attractif le contenu. C’est en effet la présentation du livre, sa mise en pages, (maquette, typographie) les principes, la qualité et la quantité des illustrations et de l’iconographie, qui font du manuel scolaire un « beau livre », susceptible d’éveiller la curiosité des jeunes et de faciliter les apprentissages.
L'iconographe est la personne qui, à l'intérieur d'une maison
d'édition scolaire, recherche les images qui vont illustrer les manuels.
Il opère des choix très variés (photos d'œuvres
d'art, documents historiques, publicités...), pour toutes les matières
(Histoire, Géographie, Sciences, Economie, Langues etc..) à
tous les niveaux. Pour cela il s'adresse à des agences spécialisées
auxquelles il achète des droits de reproduction.
Les personnes qui ouvrent un manuel regardent avant tout les photos, c'est dire combien il faut tendre à la perfection ! En plus d'être très claire, très belle, colorée et de belle qualité - l'image doit être "riche" et "parlante" : les élèves doivent la "lire", la comprendre et la commenter. L'iconographe doit pouvoir se mettre à la place des élèves de tous âges!
Le documentaliste iconographe travaille en équipe avec l'éditeur, l'auteur, la directrice artistique et intervient presque dès le départ de la conception d'un manuel, au moment où un premier chapitre - qu'on appelle chapitre-test - est proposé à un panel d' enseignants. Ceux-ci expriment ce qu'ils veulent voir dans un manuel, ce qu'ils y recherchent.
Il faut "avoir un oeil", un sens esthétique, de la curiosité, une bonne culture générale, de la rigueur pour gérer tous les crédits photographiques et demander les droits.
Il faut aussi être rapide et efficace : dans un manuel de Français
de 2e par exemple, il peut y avoir 500 illustrations qui nécessitent
le recours à 10 ou 20 agences différentes.. Or il est réalisé
en quelques mois, en même temps que plusieurs autres manuels.
Il n’y en a aucune spécifique. Certains iconographes ont une formation d' Histoire,de Lettres, d' Histoire de l'Art ou un diplôme de l'Ecole du Louvre ; ils peuvent aussi être documentalistes ou avoir travaillé en agence photographique.
Une évolution rapide ces dernières années. De la recherche de photos dans les bacs des agences (dont beaucoup ont disparu maintenant... et avec elles leurs archives !), on est passé au travail sur ordinateur : recherches sur les bases d'images des agences, réception des images numériques en haute définition, envoi des photos aux éditeurs. C'est le numérique qui a fait évoluer le secteur mais si c'est un progrès en ce qui concerne la gestion des images, la qualité des photos a parfois baissé et peut entraîner des problèmes de format. Il peut être impossible d'agrandir une photo pour une double page par exemple. Les iconographes ont presque tous une préférence pour l'argentique !
Même s'il arrive qu' une personne ayant besoin d'une image aille directement la choisir sur l'internet, dans l'édition scolaire, on a besoin d'iconographe : il est difficile pour un non professionnel de se débrouiller dans la jungle des collections, et impossible de juger de la qualité d'une photo, en particulier quand elle doit être agrandie.
Les photos viennent de Getty, Corbis, Hachette Filippachi Photos mais aussi d’agences très précieuses pour l'édition scolaire : Bridgeman - Giraudon, AKG, Roger-Viollet, Kharbine-Tapabor,Altitude, Bios, BSIP . Les iconographes travaillent également avec l'AFP, Reuters -MaxPPP, Sipa, des collectionneurs, des musées en France et à l'étranger etc…
Dans l'édition scolaire, le maquettiste est un artisan au service
de la mise en page. D’une part, l'édition scolaire est un domaine
contraignant du fait du programme à mettre en application, dans un
nombre de pages bien déterminé. D’autre part, la maquette
doit plaire aux enfants, ne pas les écraser, mais au contraire leur
donner envie d'entrer dans le livre et faciliter leur apprentissage. Ce que
le maquettiste propose n'est donc pas purement esthétique. Selon les
disciplines, il sera fait plus ou moins appel à sa créativité.
En histoire et géographie, par exemple, le maquettiste doit placer
les documents dans l'ordre voulu par l'auteur.
Il intervient très tôt dans la conception d'un manuel puisqu'il
prépare soit la double-page soit le chapitre que l'éditeur soumettra
aux enseignants dans le cadre de "tables rondes-tests". Dans un
premier temps, le chemin de fer (liste des contenus de chaque page du livre)
d'un manuel est fait par l'éditeur et l'auteur. Le maquettiste, lui,
s’occupera de la conception graphique de chacune des pages. Chaque démarrage
est un peu difficile. Il faut en effet s'imprégner du manuel à
faire sans avoir tous les éléments.
La conception de la maquette est une phase délicate et fondamentale pour le projet éditorial : c’est en effet sa première concrétisation, et on constate souvent qu’un élément qui ne trouve pas sa place dans la maquette révèle une faiblesse du projet…
Le maquettiste n'est pas spécialisé dans une matière ni sur certains niveaux, même si, par goût, il peut avoir plus d’intérêt pour l'une ou l'autre. Il travaille en relation étroite avec l’éditeur et l’iconographe, voire les auteurs.
Outre les photos, un manuel présente des illustrations spécifiques : par exemple, cartes, tableaux, graphiques, frises chronologiques, pour l’histoire et géographie, schémas en sciences, et même des couvertures de manuels.
L'illustration de manuels scolaires vient à l'appui de la leçon
et non pour distraire l'enfant. Dans le primaire, elle peut permettre une
approche très ludique des notions. Pour y arriver, les contraintes
sont fortes.
Par exemple, l'illustration de manuels d'anglais doit être juste aussi
bien pour ce qui est d'un décor - la visite de monument par exemple
- que dans l'allure des personnages : les élèves doivent pouvoir
s'identifier à eux, que ce soit à travers l'habillement, ou
les attitudes. Il faut respecter le descriptif très précis des
auteurs. S'il s'agit de Sydney, il faut vraiment que l'élève
voit à quoi ressemble une rue de Sydney : le dessin doit permettre
d'identifier la ville.
Concrètement, l'illustrateur rencontre d'abord l'éditeur qui
lui fait faire un essai : par exemple, des crayonnés de tous les personnages
qu'il faudra représenter ; si cette première étape se
passe bien, l'illustrateur rencontre ensuite les auteurs. Ceux-ci précisent
combien ils veulent d'illustrations pour chaque leçon. Pour chaque
manuel, ce sont donc plusieurs centaines de dessins qui sont réalisés,
en apportant les corrections demandées par les auteurs quand c'est
nécessaire.
L'illustrateur travaille également très étroitement avec
le maquettiste, sur la question du format des illustrations, de leur disposition
dans la leçon. Tout est réalisé sur ordinateur.